QUELQUES ASPECTS DU TOURISME NATIONAL DE SEJOUR DANS LES CASCADES D’OUZOUD



QUELQUES ASPECTS DU TOURISME NATIONAL DE SEJOUR DANS LES CASCADES D’OUZOUD (VERSANT NORD DU HAUT ATLAS CENTRAL MAROCAIN


Appartenant au versant nord du Haut Atlas central marocain et au parc géologique du Mgoun, les cascades d’Ozoud sont restées pour longtemps la destination préférée des amateurs du tourisme de circuit (moins de 24 heures) et de sports de plein air. Les paysages étaient regardés et contemplés plutôt que consommés. La difficulté d’accès et la rareté des moyens d’hébergement et de l’animation jouaient en faveur d’un tourisme diffus. Le tourisme de villégiature, quant à lui, se limitait à quelques pratiques comme la baignade (pour les jeunes), la détente, le repos et la fraicheur (pour les adultes). Il fallait attendre le milieu des années 1990 pour voir ce type de tourisme se consolider davantage pour devenir ensuite le produit touristique le plus important.

Le but de cet article est d’examiner quelques aspects de cette consolidation du tourisme national de séjour en répondant aux questions suivantes : Quelles sont les grandes phases de la mise en tourisme de ce lieu ? Quelles sont les facteurs à l’origine de la consolidation du tourisme national de villégiature ? Quelles sont les caractéristiques socio-économiques de ce dernier ? Comment s’inscrit-t-il dans un milieu naturel dit fragile et accidenté ? Quels sont ses impacts sur une économie locale fragilisée par les aléas naturels et l’insuffisance de l’intervention étatique ?

Notre méthode s’inspire des enquêtes que nous avons menées entre 2004 et 2007 à l’aide de deux questionnaires : l’un destiné à 200 touristes nationaux, le second à 23 paysans du douar Ouzoud. Ces questionnaires ont été complétés par des entretiens avec les hôteliers, les paysans, et les associations aussi bien dans les Cascades d’Ouzoud (Haut Atlas central) que dans la vallée de l’Ourika (Haut Atlas occidental). Nous ne retiendrons ici que quelques éléments de ces enquêtes dont la portée est restreinte pour deux raisons : (i) Ces enquêtes ne couvrent pas toutes les formes du tourisme pratiquées dans le site à savoir le tourisme de circuit et le tourisme de sport de pleine nature, (ii) Elles ne concernent que la période de l’été (juillet et août). C’est pourquoi il faut rester attentif dans l’usage que l’on peu faire des résultats quantitatifs obtenus dans ces enquêtes. En revanche, ces dernières ont reçu un excellent accueil, particulièrement chez les paysans et les touristes nationaux. Les uns comme les autres se sentaient directement concernés par les questionnaires et les entretiens, voire ils étaient heureux que l’on considérât leurs attentes et leurs avis.

1- Les phases de la mise en tourisme du lieu

Tableau n°1 : Typologie du tourisme dans les Cascades d’Ouzoud



Type de tourisme

Date de démarrage

Clientèle dominante

Moyens d’hébergement

Classe sociale

Moyens d’accès

Haute saison


Tourisme de circuit

Depuis les années 60 et 70

Tourisme international

Tourisme national de fins de semaines (écoliers, lycéens)

De passage, moins de 24 heures

Classe moyenne

Autocars, voitures, individuelles ou louées

Printemps


Tourisme de nature de pleine nature

Depuis les années 80 du siècle dernier

Tourisme international

Auberges, hôtels, chez l’habitant

Classe aisée

Voitures tout terrain, à pieds, VTT

Printemps et été


Tourisme de séjour

Depuis les années 80 du siècle dernier, consolidation depuis le milieu des années 90



Tourisme national

depuis 1996

la majorité dans les campings, hôtels, chez l’habitant

Classe marginale et classe moyenne

Transport publics (grands taxis, autocars, transport clandestin), Voitures individuelles

Eté (juillet août)


Source : Elaboration personnelle, juillet 2008

1-1- Le tourisme de circuit : depuis les années 50 et 60

Ce type de tourisme remonte aux années 60 et 70 et se pratique pendant toute l’année, surtout par les touristes internationaux. Le printemps enregistre une hausse considérable de la demande car c’est la saison de la fonte de neige et du débit maximum des cascades. Les voyages à ce site sont le plus souvent organisés par les agences de voyage et les hôteliers depuis Marrakech et Beni Mellal. Les touristes sont acheminés par les autocars et les voitures tout terrain. Mais les visites ne durent qu’une seule journée voire quelques heures car elles sont programmées le plus souvent dans le cadre des circuits reliant les principaux lieux phares du Royaumes (villes impériales, villes culturelles, lacs, etc.). Pendant ce bref temps, les touristes contemplent le spectacle des cascades, prennent quelques photos et si le programme le permet dégustent la cuisine locale (tagine dit berbère) et prennent quelques boissons (thé surtout).

1-2- Le tourisme de sports de pleine nature : Depuis les années 70

Le site des cascades d’Ouzoud est intégré à la fois dans (i) la Grande Traversée des Atlas, reliant l’Atlantique (Agadir) à l’Ouest et le Haut Atlas oriental à l’Est, (ii) dans le Pays d’Accueil touristique d’Azilal, abritant les lieux naturels et culturels touristiques les plus mises en tourisme du massif du M’Goun (la vallée d’Aït Bouguemmez, la vallée de Tassaout, Zawyat Ahançal, Anergui, Aït Bou Oulli, Ouzighimt) et (iii) dans le parc géologique du Mgoun protégeant les traces de dinosaures. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’amateurs de la nature et de grands espaces s’y arrêtent soit pour regarder et observer la faune (singe magot) et la flore, soit pour pratiquer certains sports comme l’escalade ou la randonnée pédestre. Les moyens d’hébergement les plus utilisés par cette catégorie de touristes sont les hôtels, les auberges, le gîte d’étape chez l’habitant ou le bivouac. Ce type tourisme se pratique toute l’année surtout par les étrangers et la classe aisée de la société marocaine (cadres supérieurs, professions libérales, etc.)

1-3- Le tourisme national de séjour ou de villégiature : consolidation depuis 1996

La plupart des études sur le tourisme de montagne au Maroc accordent peu d’importance au marché national car pour elles, ce dernier est tout d’abord synonyme de baignade et de bronzage au bord de la mer. Or et pendant ces dernières années, les marocains commencent de plus en plus à s’intéresser à leurs montagnes. Dans notre zone étudiée, par exemple, le nombre de touristes marocains est passé de 1800 en 1987 à 2400 en 1999, soit une croissance de 33,33%. (source : Monographie de la commune rurale d’Aït Tguella 1999, Ministère de l’Intérieur, Royaume du Maroc).

La coexistence de ces différents types de touristes atteint son maximum en été et peut se transformer en conflits dont les aspects les plus majeurs sont les problèmes de stationnement de voitures, des pannes d’électricité, pénurie d’eau potable, augmentation des prix de la nourriture, manque du pain dans les restaurants et les magasins, harcèlement des touristes par les mendiants et les faux guides[1]. C’est la raison pour laquelle un guide comme le Routard conseille ses lecteurs d’éviter les cascades les week-ends et l’été « en raison de l’animation qui y règne ».

2- Les FACTEURS A L’origine de la consolidation du tourisme national de séjour

Les facteurs endogènes comme la beauté des paysages et le microclimat sont insuffisants à eux seuls d’expliquer la montée fulgurante du tourisme national de séjour. Il y a deux facteurs exogènes qui peuvent être invoqués, à savoir :

2-1- Les inondations de la vallée de l’Ourika en été 1995

En raison de manque de statistiques, il est difficile de démontrer le rapport entre les inondations de l’Ourika (Haut Atlas occidental) et la montée fulgurante du tourisme national dans les cascades d’Ouzoud (Haut Atlas central), néanmoins de nombreux témoignages recueillis sur les deux lieux permettent d’avancer une telle causalité.

ü Dans la vallée de l’Ourika : D’après les propriétaires de restaurants de la vallée de l’Ourika (printemps 2007), le nombre de touristes nationaux a brusquement augmenté après les inondations de l’été 1995. Tout s’est passé comme si cette catastrophe naturelle était une publicité pour cette vallée. En revanche, les autorités locales, par mesure de protection, ont interdit toutes formes de campement sauvage, le moyen d’hébergement le plus utilisé par les touristes nationaux. Ces derniers, issus en majorité de classes marginales, se trouvaient alors devant deux choix : se loger dans un hôtel ou chez l’habitant ce qui revient plus cher, ou chercher une autre destination bon marché et présentant les mêmes conditions de fraîcheur, de repos et de détente.



ü Dans les Cascades d’Ouzoud : Pour les paysans du douar Ouzoud, l’été 1996 est une date décisive dans l’histoire du tourisme de la zone. C’est l’année où de nombreux propriétaires de campings ont enregistré une hausse considérable de leur clientèle (entretiens avec les propriétaires de campings 2005). Par ailleurs, toujours d’après nos enquêtes, plus de la moitié des projets touristiques destinés aux marocains (campings surtout) ont démarré après 1995.

2-2- L’évolution des schémas traditionnels de la demande nationale en matière de pratiques touristiques

Sous le label « Konouz Biladi/Trésors de mon pays » ou « le Maroc : le pays le plus beau du monde », le Ministère du tourisme organise chaque année des campagnes publicitaires destinés aux marocains sous formes d’émissions et reportages télévisés, brochures, dépliants et panneaux publicitaires. L’objectif de ces actions est double (i) faire découvrir aux citadins (55% de la population totale selon le recensement 2004) la beauté de la montagne marocaine, et (ii) diversifier le tourisme intérieur axé sur le tourisme littoral. Résultat : élargissement du public de la montagne par l’accès de nouvelles catégories sociales au produit montagne et notamment nature. D’après nos enquêtes, plus de 43% des touristes visitent le site pour la troisième fois et 38% d’entre eux le découvrent pour la première fois. Mais cette dernière catégorie compte y revenir encore et encore dans les prochaines années. Cela dit, le tourisme national à destination de la montagne est en pleine expansion.

3- profil des touristes nationaux

3-1- Les pratiques de recréation des touristes nationaux

Près de 50% des touristes du sexe masculin fréquentent les cascades d’Ouzoud pour la baignade, le bronzage et le sport (en majorité jeunes du sexe masculin venu entre amis), 20% sont intéressés par le contact et la rencontre d’autrui, 18% cherchent le calme et le repos (en majorité adultes/chefs de familles et de troisième âge) mais 5% seulement sont attirés par l’aventure et de la qualité de paysage. Malheureusement nos enquêtes nous n’ont pas permis de connaître les pratiques des jeunes du sexe féminin car ce dernier vient dans la plupart des cas en famille.

3-2- Aspects socioculturels : domination de la classe populaire

Le touriste national dans les cacades d’Ouzoud est un jeune adulte (72,66% des personnes ont moins de quarante ans) et masculin (86% des hommes contre 14% pour les femmes). A cela, il faut ajouter la nette prédominance de la catégorie de la classe populaire issue des quartiers périphériques des villes (le cas des Casablanca), non motorisée et occupante des campings sous-équipés en aval des cascades.

3-3- Durée de séjour et moyens d’hébergement

La durée de séjour des nationaux est assez longue car 50% des enquêtés ont passé plus de 10 jours. Les touristes de passage ne représentent, quant à eux, que 8%. L’importance de la durée de séjour s’explique par la disponibilité des touristes, dont la majorité appartient à la catégorie « étudiants/lycéens », et la nature de l’hébergement (campings) qui est peu couteuse. En effet, le camping est le moyen d’hébergement le plus utilisé : 68%, suivi de loin par l’hôtel, puis hébergement chez l’habitat local avec 10%. La catégorie chez la famille, ou chez les parents ne concerne que 2%. Le recours au camping s’explique par son coût faible et son adaptation au budget limité de la majorité des touristes, comme il peut s’expliquer par le manque d’offre en matière d’hébergement.

3-4- Les Moyens de transport utilisés : prédominance de transport collectif

Les cascades d’Ouzoud sont accessibles par le transport routier collectif et privé. Depuis le revêtement du tronçon Ouzoud-Azilal en 2005, le trafic des touristes nationaux ne cesse de progresser. La route régionale R304, reliant Marrakech et Béni Mellal via Azilal, est la plus utilisée par les taxis et les voitures individuelles. Les autocars ne sont pas autorisés à accéder jusqu’aux cascades, exceptés pour ceux des touristes internationaux. Pour y arriver, les autocaristes en provenance de Béni Mellal ou de Marrakech sont obligés de prendre les grands taxis à Azilal ou à la bifurcation d’Aït Taguella. D’après nos enquêtes 35% ont utilisé le grand taxi (6 places plus chauffeur), 48 % ont combiné autocar et grand taxi et 3% des vacanciers ont recouru au transport clandestin qui devient très actif le soir à partir de 19 heures (les touristes qui ne trouvent pas de logement au site sont forcés de l’utiliser pour aller à AzilAL passer la nuit dans un hôtel non classé). Au total, le transport collectif représente 68% contre 29% pour le transport individuel. Ce résultat confirme l’idée de la primauté de la catégorie sociale populaire.

3-5- D’où viennent les touristes : la prédominance de l’axe Casablanca-Rabat

L’axe Rabat-Casablanca est le bassin émetteur majeur avec 50% des touristes, la ville de Casablanca fournit à elle seule 37% de vacanciers. La région de Tadla-Azilal vient en deuxième place avec 28%, suivie de loin par les résidents marocains à l’étranger (10%), la région Chaouia-Ouardigha (5%), la région Sous-Massa-Draâ (4%) et la région Marrakech-Tansift Al Haouz (2%). La plupart des touristes, surtout les jeunes casablancais, sont issus des quartiers périphériques de la ville (Sbata, Hay Mohamadi, etc.)

4- LES MODES D’INSERTION des touristes nationaux DANS LE LIEU

On peut distinguer dans les Cascades d’Ouzoud deux modes d’insertion de l’amont vers l’aval :

Tableau n°2 : Les types socio-patiaux du tourisme national de séjour





Catégorie sociale dominante

Niveau d’équipement

Mobilité journalière

Pratiques touristiques


En amont

Familles de classe moyenne, le plus souvent motorisé (besoin d’un camping plus parking)

Moyen

Vers l’aval pour profiter de la fraicheur des cascades, vers les sources plus amont

Détente, repos, contemplation des cascades


Rive droite

En majorité écrasante jeunes venus entre amis (lycéens, collégiens, chômeurs)

Les touristes de l’amont venus profiter de la fraicheur

Touristes de passage

Très faible quelques blocs sanitaires quelques poubelles

Vers l’amont pour l’approvisionnement en aliments

Baignade et bronzage



Contemplation, sieste, promenade



Contemplation


Rive gauche

En cas de saturation de la rive droite la rive gauche connait une fréquentation importante pour le tourisme de classe marginale

Très faible manque de blocs sanitaires et de poubelles

En amont pour contempler les cascades et l’approvisionnement en produits alimentaires

Baignade et contemplation de paysage naturel


Source : Élaboration personnelle, 2008.

4-1- En amont : la prédominance de la classe de luxe et moyenne

L’abondance des terres et l’équipement en eau potable, en électricité, en téléphone et en parkings constituent les avantages recherchés par les investisseurs et les touristes. C’est le tourisme des classes aisée et moyenne, souvent motorisée, qui sont les plus représentés. Les températures élevées, le vent violent qui souffle de temps en temps pendant la journée et le manque d’une vue panoramique directe sur les cascades sont les inconvénients en amont. C’est pourquoi, la plupart des touristes préfèrent passer la période critique de la journée (9h à 19 h) en aval tout près des cascades. Chaque matin on voit descendre des centaines de touristes avec leurs équipements : couvertures, oreillers et parfois de matériels de cuisine pour piqueniquer. Ils louent à 50 DH des places équipés de nattes pour se détendre et admirer la fraîcheur et l’ombre des figuiers. La nuit, l’amont devient plus attractif pour les courses, la fréquentation de la mosquée et la flânerie.


4-2- La rive gauche de l’oued Ouzoud : point de rencontre du tourisme de circuit et de séjour













4-3- La rive droite de l’oued Ouzoud : zone de réserve

Sur la rive droite la vue panoramique sur les cascades disparaît. La proximité de l’eau devient alors l’attrait majeur des touristes, des campings, des restaurants et des cafés. La pression devient moins forte et la construction en dur devient plus importante dans l’absence totale de tout équipement en électricité, en eau potable ou en assainissement. Cette rive connait une fréquentation importante en cas de saturation de la rive gauche et constitue un refuge pour les touristes cherchant plus de calme et admirant la nature. Elle constitue le côté « sauvage » du site et attire même les touristes internationaux.

5- LES RETOMBEES DU TOURISME

5-1- Sur l’environnement naturel

Les touristes et les propriétaires de restaurants, cafés et campings sont conscients des menaces que peuvent provoquer une telle pression touristique sur la zone des cascades. Ils reconnaissent que la fréquentation du site arrive souvent à son extrême : « En été, il n’y a pas assez de places pour tout le monde ». Comme solution, ils proposent que le site soit aménagé et équipé davantage : multiplication de blocs sanitaires, désenclavement de certains endroits encore à l’abri du tourisme surtout en aval, création de terrains de jeu pour enfants, amélioration des conditions d’hébergement et de la restauration, etc. Ces revendications viennent surtout des touristes et propriétaires de campings de l’aval occupant des endroits privés de l’électricité, de l’eau et d’assainissement.

Les acteurs publics et les associations de défense de l’environnement enregistrent avec regret ce qui suit :

ü Modification du comportement des animaux : « Les campeurs ont envahi le territoire du singe magot. Ce dernier est nourrit artificiellement par les touristes ou des déchets des campings en pleine nature et des zones habitées. Résultat : cet animal a perdu sa crainte naturelle des hommes et il est devenu la cible des jets de pierre lancés par les enfants. Il existe d’ailleurs de nombreux panneaux incitant les touristes à respecter cet animal mais rarement lus ». (Association des Enseignants des Sciences de la vie et de la terre)

ü Déchets : Le traitement de déchets liquides et solides constitue un véritable casse tête aussi bien pour les touristes que pour les paysans et les élus locaux.

· Les déchets solides(sacs de plastiques, boites de conserves, bouteilles d’eau minérale) sont dans la plupart des cas collectés et transportés par une monture (un âne) de l’aval vers l’amont, mais une fois ramassés ils sont jetés en plein air pas loin des campings.

· Les déchets liquides sont jetés dans l’oued Ouzoud : La plupart des campings, des cafés et des restaurants sont équipés de cuisine, de toilettes et des douches, mais les eaux usées de ces équipements sont jetées directement dans l’oued Ouzoud. Résultat : « la loutre espèce rare est devenue presque inexistante à cause de la pollution et les déchets laissés par les visiteurs et l’équilibre d’autres espèces animales est rompu » (Association des Enseignants des Sciences de la vie et de la terre).

· Le tourisme victime de la pollution : Cependant, il faut rester attentif quant à la responsabilité du tourisme dans la pollution des eaux de l’oued Ouzoud, car plus en amont et à 30 km les déchets liquides de la ville d’Azilal sont jetés directement et sans aucun traitement dans l’oued en question, ce qui met en danger non seulement la vie animale et végétale mais aussi la santé des touristes et de la population locale.









5-2- Les impacts économiques du tourisme national de séjour


La population du douar Ouzoud est dans sa majorité rurale et amazighe. Elle pratique une agriculture vivrière, associée à quelques activités comme le commerce de détail et le tourisme. Jadis, les recettes du tourisme profitaient seulement à quelques familles notables du douar Ouzoud (les descendants de la confrérie religieuse de Tanaghmelt possédant la plupart des terrains de parkings et de campings), aujourd’hui le tourisme national de séjour joue un rôle important dans la dynamisation de l’économie régionale et locale. En effet, le nombre de famille se donnant aux activités d’accueil et de restauration a augmenté considérablement. On peut l’estimer aujourd’hui à plus de 50% du total des familles du Douar Ouzoud. Les emplois créés par le tourisme sont certes précaires et temporaires mais participe à résoudre le problème de chômage qui touche notamment les plus jeunes. La plupart des guides et des employés dans les campings et les restaurants sont à l’origine des paysans. Ils considèrent le tourisme comme leur principale source de revenue avant même l’agriculture. Ils ont déclaré que l’activité touristique couvre leurs besoins en sucre, en farine et en viande pendant toute l’année (40000 DH en deux mois soit l’équivalent de 3000 DH par mois, soit le salaire d’un cadre moyen dans l’administration publique). Ces paysans viennent de partout : douar Ouzoud mais aussi de chef lieu provincial d’Azilal, d’Oulad Ayad, et d’Aït Attab.

ü L’économie régionale en profite également (région Tadla-Azilal): la grande plaine de culture « Tadla » fournit le lait, les fruits et les légumes alors que les villes de Beni Mellal et de Qualât Seraghna apportent les boissons gazeuses et l’eau minérale. Mais vu le caractère saisonnier de ce type de tourisme la place du tourisme dans la dynamisation de l’économie régionale demeure secondaire.



CONCLUSION :



A notre connaissance, il n’y a pas de décisions claires concernant l’avenir de ce site et cela laisse place aux rimeurs qui relatent plusieurs scénarios possibles : la fermeture du site ou sa conversion en rendant sa visite payante. Le Plan Biladi destiné au tourisme national reste muet quant à lui au sujet des Cascades d’Ouzoud. Même si la fréquentation touristique des cascades d’Ouzoud a connu une chute considérable en été 2007 (nos photos le reflètent d’ailleurs), cette baisse inattendue n’est pas dû à une action volontaire de la part des acteurs publics mais plutôt à l’avènement du mois de Ramadan. Dans les 5 prochaines années, il faut s’attendre à une baisse encore importante dans la mesure où le mois de jeune couvrira, à partir de 2010, entièrement la saison estivale (les mois de juillet et août). Cette baisse éventuelle est une chance pour l’environnement mais un risque pour l’économie locale, à moins que la fréquentation printanière se consolide davantage pour permettre aux paysans de récompenser les pertes de l’été.



BOBLIOGRAPHIE

BETEUILLE (R)., 1992, La valorisation touristique de l’espace rural, L’Information Géographique, n°56, pp 210-216.



CAZES (G.), LANQUAR (R.) et RAYNAOUARD (Y.)., 1993, L’aménagement touristique, PUF, Que sais-je ?, n°1882, Paris, 128 pages.

HILLALI (M)., 2001, Quelques réflexions sur le tourisme dans la région de Tadla-Azilal, in « La région Tadla-Azilal et les enjeux du développement touristique », colloque international 1998, Université Cadi Ayad, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Béni Mellal, pp 47-68.

LANQUAR (R.)., 1985, Sociologie du tourisme et des voyageurs, PUF, Que sais-je ?, n°1882, Paris, 128 pages.

MONKACHI (H)., 1996, Le rôle du tourisme dans le développement local du Haut Atlas central marocain, doctorat national, Aix-Marseille I, Institut de Géographie, 343 pages.

RICHEZ (G)., 1997, Tourisme culturel et développement local en arrière-pays touristique. Le cas des sites archéologiques de Cucuruzu et de Capula (Commune de Levie, Corse du Sud), Etudes Vauclusiennes, n°LIX, pp 21-28.










[1]« Lors de notre voyage au Maroc voilà trois ans nous avons voulu visiter les fameuses cascades d'ouzoud. Pour cela, nous louons donc une Fiat à l'hôtel, et nous voilà partis. Arrivés non loin des cascades quelques commerces. Nous voulons continuer en voiture : carrément barrage humain. Nous arrivons à nous garer et là déjà c'est périlleux pour sortir de la voiture nous sommes littéralement assiégés. Et que je vais te faire visiter et que je te vends ceci ou cela. Nous étions pourtant bien rodés aux souks de Marrakech, mais là c'est la folie. Impossible de visiter quoique ce soit sans être agressés. Résultat : nous avons pris peur, et péniblement, nous avons réussi à faire une marche arrière sous les injures des pseudos guides et mendiants. » Témoignage d’un touriste français, source : Forum du guide Routard.

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