L'ENQUÊTE الاستمارة



L'ENQUÊTE الاستمارة















Très souvent, le chercheur a besoin d'une information qu'il ne peut pas trouver dans les sources disponibles de l'information et sera amené à procéder à collecter lui même les données dont il a besoin pour sa recherche sous forme d'une ou de plusieurs enquêtes menées sur le terrain.



L’enquête est l'étude d'une population à partir d'un sous-ensemble représentatif, appelé échantillon, en vue d’une généralisation des résultats obtenus sur l’ensemble de la population d’origine ou population-mère. On l'appelle aussi sondage* ou enquête par sondage.



On peut distinguer deux types d’enquête : l’enquête par sondage et l’enquête partielle



- L'enquête par sondage: c'est une enquête sur un échantillon représentatif de la population concernée, tiré selon des règles définies permettant la généralisation des résultats recueillies à l'ensemble de la population. Elle est appelée aussi sondage



- L'enquête partielle: C'est une enquête sur un sous-ensemble limité en nombre et représentant l'essentiel de la population concernée, c'est le cas d'une enquête industrielle qui touche un nombre réduit d'unités regroupant la majorité de la main d'oeuvre. On utilise ce type d'enquête partielle lorsque la taille ne détermine pas le comportement et la population considérée est homogène.

On l’utilise aussi quand la population concernée est infinie comme est le cas par exemple de l’étude de la pollution de l’air ou de la mer.



L'enquête, sous réserve d'être représentative, permet d'avoir des données rapidement à des coûts réduits, une richesse de l'information demandée et une souplesse élevée dans les concepts et les champs d'étude.

L’enquête s'impose dans les cas suivants lorsque :

- il y' a un grand risque de détruire l'unité: c'est le cas des tests de résistance ou de durée de vie en particulier dans l'industrie.

- le phénomène étudié est limité et invisible ou inconnu, c'est le cas des maladies

- la population est infinie ou nombreuse comme est le cas de la pollution atmosphérique ou de la consommation.

- l'étude s'intéresse à la structure, c'est le cas des enquêtes agricoles ou de consommation.



L'intérêt de l'enquête réside dans la possibilité de la généralisation des résultats, la richesse de l'information et le coût bas. C'est là aussi que résident ses limites:

- le tirage de l'échantillon

- la mesure de l'erreur d'échantillonnage et de là, précision des résultats obtenus.



Quelque soit le type d'enquête, il y a lieu de définir la problématique générale, les objectifs et le champs de l'enquête avec précision. Les résultats en dépendent fortement.





1 - Problématique et objectifs



La problématique générale de l'étude à mener fixe en quelque sorte les objectifs poursuivis à travers l'enquête et son champ d'investigation. Ces objectifs doivent être définis avec précision et dans les moindres détails, ils déterminent le type d'information à demander et de là, la formulation des questions à poser.



L'unité de base doit être définie avec précision pour éviter les ambiguïtés au même titre que le champ et les concepts utilisés. Si on veut demander le revenu, il faut définir quel type de revenu s'agit-il ?: revenu salarial, brut, net, incluant les allocations familiales et le prime de rendement que les enquêtés ont toujours tendance à exclure... Si on veut étudier la population urbaine, encore faut-il définir l'urbain et ses limites...



Le champ spatial et temporel doit être précisé et défini. Pour les données de mouvement comme les naissances, la migration ou les entrées, la période doit être limitée et précise: un jour donné, une année... Pour les données d'état qui consistent à établir des bilans, la date doit être précise : c'est le cas du recensement par exemple... Lorsque les délais sont longs, il ne faut pas que les variations soient importantes.



Au même titre, le champ spatial de l'enquête doit être défini avec une très grande précision.





2 - Le support de l'enquête



On peut distinguer deux types de supports qui peuvent être complémentaires: le questionnaire et l'interview.





2.1- Le questionnaire :



Le questionnaire est la série de questions posées directement ou indirectement à l'enquêté qui constitue l'unité de base.



Le questionnaire doit être à la fois, clair et aéré, facile à lire et sans ambiguïté, peu long et riche tout en s'attaquant à des problèmes complexes, c'est de ce compromis difficile que dépend le résultat.



Ce paradoxe pose le problème du choix de questions à poser, de leur priorité ce qui exige que les objectifs soient définis et la problématique précisée.



L'exploitation doit être facile si bien qu'il faut toujours penser à la manière dont les réponses vont être exploitées pour pouvoir à la fois bien formuler les questions et saisir leur opportunité.



Aussi bien les questions que les réponses doivent être sans équivoque et sans ambiguïté, la formulation simple, adaptée aux concernés tout en évitant les termes savants, pédant, recherchés, vagues ou polysémiques.



Il faut éviter la double alternative comme est le cas de la question suivante: votre logement est-il pire ou meilleur qu'il y a un an?: Oui/ non. C'est ainsi que des termes comme sac, ouiba ou saa’, souvent ou collectif peuvent avoir des sens différents selon les régions et les enquêtés. Les termes abstraits sont à éviter ou à clarifier, c'est le cas par exemple du ménage, sous-location....



Les questions longues et complexes sont à éviter dans la mesure où l'enquêté peut facilement perdre le fil de ses idées et répondre à aveuglement.



S'il est intéressant d'avoir des réponses, il importe encore plus de tirer des résultats, le souci de la facilité d'exploitation doit être présent dès le début dans l'élaboration des questions. C'est souvent ce qu'on oublie pour se rendre compte après enquête que telle ou telle question ne peut pas être exploitée convenablement...



Le questionnaire doit avoir un enchaînement logique et progressif: du général au particulier, du commun au privé, du facile au complexe... Il faut éviter les sauts ou les va et viens entre les rubriques.





Avez vous une autre activité :

oui non



Si oui laquelle……………………………………………….


Si non avez vous une autre source de revenu

oui non



Si oui nature : Emigration



Rente

montant







* Les type de questions



On peut distinguer plusieurs types de questions selon le niveau de réponse, la forme et l'objectif :



Selon le niveau des réponses on a trois formes :

- Les questions à réponses numérique : la réponse est une valeur simple et concrète , c'est le cas de l'âge ou du revenu..

- Les questions alternatives: ce sont des questions dont la réponse est une alternative comme le sexe, l'occupation, la maladie.

- Les questions à voies (à choix) multiples : QVM ou QCM: la réponse est plus complexe c'est le cas de la profession, du lieu, d'une attitude ...



Selon la forme des questions, on peut distinguer trois types de questions :

- Les questions ouvertes: l'enquêté n'est pas orienté et on lui donne la totale liberté de réponse. L'éventail de réponse est large ce qui présente uns richesse d'information mais difficile quant à l'exploitation. Ce type de questions est à utiliser là où l'éventail de réponse est élevé comme la profession ou lorsqu'on veut avoir le maximum d'information ou on cherche des données qualitatives. C'est le cas par exemple lorsqu'on demande les raisons du choix de localisation (à préciser): .......................................................

............................................................................................................



- Les questions fermées: les possibilités de réponse sont fixées d'avance, l'enquêté est orienté dans ses réponses ce qui constitue une perte d'information mais offre en contre partie, une plus grande facilité d'exploitation. C'est le type de question qui convient lorsque la gamme de réponses est limitée ou quand on privilégie la facilité d'exploitation dans le cas de l'exemple précédent on a : héritage, prix acceptable, site, possibilité d'extension.



- Les questions mixtes : ce sont des questions qui combinent les deux types précédents, elles orientent l'enquêté dans le maximum de réponses qu'on juge les plus importantes ou les plus représentatives tout en lui laissant la possibilité de s'exprimer librement si jamais il a une réponse à la quelle on n'a pas pensé. Il s'agit d'ajouter souvent une case :

autre .................................................................................................................



Ces questions constituent un compromis entre la finesse de l'information et la facilité de l'exploitation et sont souvent conseillées. Si on reprend le même exemple, on a : héritage, prix acceptable, site, possibilité d'extension, autre (à préciser): ......................................................................................................................



Selon l'objectif de la question on a deux types de questions:

- Les questions d'information : destinées à récolter les données.

- Les questions test (ou piège): ce sont des questions dont l'objectif est de tester la véracité des informations livrées et de les recouper avec d'autres réponses ou de pouvoir détecter ceux qui répondent au hasard. C'est le cas par exemple de la dépense pour recouper le revenu. En demandant le revenu, on a tendance à s'écarter un peu de la réalité pour diverses raisons mais lorsqu'on demande la dépense, l'enquête tente toujours de se reprendre pour faire coïncider les deux réponses.





2.2 - L'interview



L'interview est une enquête semi-directive qui laisse à l'enquêté une grande liberté tout en le guidant au cours de l'entretien. Il s'agit plutôt d'axes d'entretien beaucoup plus que de questions proprement dites.

Ces axes doivent être définis dans un guide d'entretien pour rendre la comparaison possible et éviter de sortir trop du sujet.

L'interview est très riche en informations si bien qu'il est très lourd en exploitation, c'est pourquoi la taille de l'échantillon doit être limitée.



Le questionnaire et l’interview peuvent être complémentaire l’un à l’autre dans une même étude en joignant la dimension quantitative (représentative) et qualitative (limitée mais approfondie) en concernant la même population cible ou des populations différentes.





3 - Les sources d'erreur



Aussi bien pour le questionnaire que pour l’interview, les sources d'erreur sont multiples et diverses qu'on peut résumer comme suit :

- L'oubli : l'oubli pur et simple constitue une importante source d'erreur qui prend de l'importance avec le recul et la longueur de la période. Interrogé à 6 mois d'intervalle, un ménage ne peut dater à moins de 3 mois près l'achat d'une voiture effectué dans les 18 derniers mois. Il y' a donc tout intérêt à limiter la période d'étude.



- La confusion : Un ménage confond toujours ses enfants et tendance à donner une moyenne de la dépense de ses enfants. Cette confusion augmente avec le temps.



- La non sincérité : Par crainte, l'enquêté peut mentir. Ce manque de sincérité peut provenir de plusieurs sources : la crainte des ennuis, la réticence à l'égard des statistiques, de la fiscalité, de l'intrusion dans la vie privée et du dévoilement. Elle provient aussi du désir d'apparat et d'impressionner l'enquêteur, lui faire plaisir ou l'intéresser à son cas.

L'enquêté a tendance à faire taire tout ce qui est spécifique, ce qu'il considère comme anormal par rapport aux valeurs dominantes et intériorisées que ce soit au niveau des attitudes ou des paramètres socio-économiques : revenu, dépense, logement...



- La mauvaise période d'enquête : en choisissant mal la période d'enquête on peut passer totalement à côté, c'est le cas par exemple d'une enquête sur les déplacements scolaires en été, d'une étude sur les migrants à une période où ils sont à l'étranger.



- La mauvaise formulation des questions: la mauvaise formulation des questions, ambiguïté des termes utilisés ou leur caractère abstrait conduisent à des erreurs au niveau de l'interprétation des enquêtés et du chercheur même.





4 - La pré-enquête ou le test



Pour améliorer le questionnaire, on est amené à le tester auprès d'un nombre réduit d'unités avant de lancer définitivement l'enquête. Deux types de procédés peuvent être utilisés :



- Les études de motivations: consistent à faire parler l'enquêté longuement ou poser des questions indirectes.

- l'interview en profondeur : consiste à mener des interviews auprès d'un petit échantillon.

- l'animation de groupe: elle est intéressante mais gênante.

- les études indirectes: l'enquêté ignore l'objet de l'enquête



- Le test : c'est la technique la plus utilisée, elle consiste à tester le questionnaire auprès d'un nombre réduit d'unités avant de lancer définitivement l'enquête. Le test a pour objectif d'améliorer la formulation, l'enchaînement des questions, détecter les défauts, éviter les sources d'erreur et réduire le nombre de non-réponses.



5 - Chiffrement et codage



Avant même d'effectuer l'enquête, il convient de penser au codage et à la manière dont le questionnaire va être exploité : manuelle ou informatique. La quantité de questions et le type de traitement dépendent des possibilités d'exploitation.



Le codage consiste à donner un code ou un chiffre (d'où le terme chiffrement) à l'information recueillie selon un référentiel typologique prédéfini permettant de faciliter par la suite l'exploitation des données recueillies. Le code doit être, à la fois, simple et d'interprétation souple et facile.



On peut distinguer plusieurs types de codes :

- le codes numérique: le code est un chiffre, le codage le plus utilisé est le code décimal. Le cas le plus simple est représenté par le code-valeur, c'est lorsque le code est lui même une valeur comme est le cas de l'âge, du revenu, de l'ancienneté ou du nombre de pièces dans un logement. On a ensuite le code-catégorie, code affecté à une catégorie donnée comme la branche d'activité économique de l' INS, le code des professions, le code des lieux géographiques... Le code 011217 indique le secteur, la délégation et le gouvernorat avec deux chiffres chacune des échelles. En fin, on a le code-groupe qui permet d'affecter un chiffre à un groupe ou une classe de valeurs comme l'âge ou le revenu: 1 : 0-15ans, 2: 15-30 ans... 4: 30-60 ans et 5 pour les âgés de plus de 60 ans.



- le code alphabétique : le code est un caractère, ce qui permet d'augmenter la capacité de codage: un alphabet de 26 ou 28 lettres au lieu de 10 chiffres: AA, AB, AF, ... AX, AABCD

- le code alphanumérique : il combine les deux systèmes de codes: AB10, BX60...



De préférence, il vaut mieux réserver une bande à droite de la page pour les différents codes de manière à pouvoir découper la bande pour faciliter la saisie et garder les feuilles d'enquête.





6 - Le plan d'exploitation



Le plan d'exploitation est l'ensemble des différents types de traitements à faire et des combinaisons de questions. Ce plan d'exploitation constitue le tableau de bord de traitement et il convient de l'établir avant même de lancer l'enquête ce qui permet d'améliorer les performances, éliminer les questions inutiles et ne pas oublier des informations essentielles pour l'analyse. Le plan d'exploitation permet aussi de faciliter le traitement par la suite en améliorant la forme des questions et la qualité des réponses.



Le plan doit comporter les types de traitement et d'analyse de données avec les questions correspondantes. En gros, on peut distinguer les traitements suivants :

- Le listing: dans ce cas, on doit penser à identifier chacun des enquêtés pour pouvoir établir par la suite une liste précise.

- Les paramètres statistiques caractéristiques: Le calcul de certains paramètres nécessite de demander la valeur réelle et non des groupes de classes qui nécessitent de nouveaux calcules inutiles, c'est le cas par exemple si on a besoin de la moyenne, de la médiane ou d'autres paramètres précis.

- Les fréquences ou les pourcentages (en lignes ou en colonnes): Le calcul de fréquences nécessite le regroupement de classes avant ou après l'enquête

- Le croisement de données sous forme de tableaux avec ou sans filtre: pour procéder à un croisement de variables, encore faut-il penser dés le début à cerner ces variables et saisir la pertinence du croisement. Si on veut croiser le revenu avec le résultat scolaire, encore faut-il penser à demander les deux types d'information dés le début.

- L'analyse de corrélation et de régression: il faut penser aux variables à analyser, leur type (quantitatif, qualitatif ou binaire) pour pouvoir choisir le type d'analyse à faire ou le type de variable à demander.

- L'analyse multivariée des données (régression multiple, analyse factorielle…):

- L’analyse classificatoire et typologique



C'est en fonction de plan d'exploitation que le chercheur peut formuler ses questions, réfléchir aux variables qu'il va demander ou mesurer, les recoupements à faire en vue de procéder à telle ou telle analyse et à évaluer la pertinence d'une information demandée dans le questionnaire. Très souvent, le chercheur ne pense à l'exploitation qu'à la fin ou une fois l'enquête terminée ce qui l'amène souvent à avoir une information tronquée ou abandonner l'exploitation de certains questions dont il ne voit pas l'opportunité. Pour cette raison, le plan d'exploitation doit être élaboré, du moins dans ses grandes lignes, au moment même où on réfléchit aux questions à poser.





* Des préalables

Quelque soit l’outil choisi, trois préalables sont indispensables : la présentation de l'enquête, la mise ne confiance de l'enquêté et le test du questionnaire.

- La présentation de l’enquête: L’enquêté doit être informée de l’objectif réel de l’enquête, du statut de l’enquêteur et de son utilisation future.



- La mise en confiance: La qualité de l’information recueillie dépend du degré de confiance ou de méfiance instauré entre enquêté-enquêteur. A défaut de cette confiance, l’information se trouve biaisée.

Rien ne sert à induire l’enquêté en erreur ou lui cacher le but réel de l’étude. En expliquant clairement l’objectif, tout en garantissant le secret personnel (utilisation fiscale, ou policière…). L’enquêté ne peut guère cacher sa propre vérité ou essayer d’en cacher une partie.

- Le test du questionnaire ou la pré-enquête: Avant d’entamer définitivement l’enquête, il y a lieu d’effectuer le test sur un nombre limité d’enquêtés (10 à 50 selon les cas). Ce nombre peut être récupéré par la suite moyennant quelques retouches.

Le test a pour objectif d’améliorer le questionnaire vise à: vérifier l’opportunité des questions, améliorer la formulation, voir le contenu des réponses dans une perspective d’exploitation, voir le bon emplacement des questions et leur enchaînement, voir les raisons des nons-réponses à certaines questions, définir les échelles de variation de certaines variables et de voir les réponses-types…






* Le terme sondage exprime aussi la manière dont ont fait le choix des individus à enquêter, l’échantillon retenu pour l’analyse.

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